Phaléristique: 13 mai 1934 – une médaille pour les services militaires volontaires

crédit photo: revers de la médaille
Historique
Comme bien souvent au XXe siècle, c’est la Première guerre mondiale qui fit prendre conscience du rôle joué par les réserves pendant les quatre ans de conflits, particulièrement dans la formation des officiers et des sous-officiers.
La croix des service militaires volontaires (1934)
Si la première ébauche d’une médaille remonte à 1899, avec le projet d’une décoration dite du « zèle militaire », il fallut attendre le décret du 13 mai 1934 pour donner naissance à la croix des services militaires volontaires.
Cette décoration comprenait trois classes (bronze, argent et or) selon le temps de service consacré. La médaille de bronze pouvait s’obtenir après 6 ans d’engagement, la médaille d’argent après 12 ans et la médaille d’or à partir de 18 ans. Une période de 14 jours de service comptait pour 1 an.
La gravure était l’œuvre de Maurice Delannoy et, pour les armées de l’air et de mer, la médaille se distinguait de celle de l’Armée de Terre par l’ajout d’ailes ou d’une ancre de marine.
L’ordre du Mérite militaire (1957)
À l’issue de la Seconde guerre mondiale, un ancien ministre, André Monteil, appuya une initiative de l’Union Nationale des Officiers de Réserve (UNOR) et déposa en 1953 un projet de loi tendant à créer un ordre du Mérite militaire. Ce fut chose faite cinq ans plus tard avec la loi du 22 mars 1957.
Le nouvel ordre comportait trois grades (chevalier, officier et commandeur) et les anciens titulaires de la croix des services militaires volontaires étaient automatiquement intégrés dans le grade correspondant au nouvel ordre. Il fut supprimé par le décret du 3 décembre 1963 qui institua l’ordre national du Mérite.
La médaille des services militaires volontaires (1975)
La création d’un ordre national destiné à récompenser les mérites distingués civils et militaires ne permettait pas de reconnaître de simples services honorables rendus par les réservistes. Douze ans après, un décret du 13 mars 1975 créa la médaille des services militaires volontaires (MSMV), décoration commune à toutes les armées.
Les militaires, pour y prétendre, devaient justifier de conditions d’ancienneté, de témoignages de satisfactions (TS) ou de points. Ainsi, pour l’échelon bronze, il fallait 4 ans, 4 TS et 30 points, pour l’argent, 9 ans, 8 TS, 66 points et 5 ans de bronze et pour l’or, 15 ans, 12 TS, 99 points et 6 ans d’argent.
Après la réforme de 2004, une simplification amena la suppression des TS et des points. Seule l’ancienneté compta et il fallait alors justifier de 3 ans de service pour la bronze, 10 ans pour l’argent et 15 ans pour l’or, aussi bien dans la réserve opérationnelle que dans la réserve citoyenne.
La médaille des réservistes volontaires de Défense et de sécurité intérieure (2019)
Pendant près de 45 ans, ce dispositif va accompagner la professionnalisation des armées et la montée en puissance des réserves mais il ne semblait plus adapté face à l’émergence d’autres formes de réserves (Garde nationale et Partenaires de la Garde nationale).
En 2019, le décret 2019-688 du 1er juillet 2019 consacre la médaille des réservistes volontaires de Défense et de sécurité intérieure (MRV-DSI). Les titulaires de la MSMV conservent leur ancienneté dans la réserve en vue de l’attribution de la MRV-DSI à un échelon supérieur et, lors du changement d’échelon, cette dernière se substitue à la MSMV.
La principale nouveauté, outre le fait qu’elle s’aligne en fonctionnement sur la médaille de la Défense nationale (trois échelons, des liserés sur le ruban et l’adjonction de barrettes), porte sur l’ouverture aux personnels de réserve de la Police nationale.



